La peau

Notre peau est un pont. Elle permet de faire le lien entre l’espace intérieur de notre corps et le monde extérieur. Elle est influencée à la fois par l’histoire du dedans et le présent du dehors.
La peau nous permet d’appréhender le monde par le sens du touché.
Elle est une somme d’yeux qui voient en touchant, en sentant;  à la fois dedans ; à la fois dehors. Le sens du toucher d’un côté et la sensation de l’autre. Deux modes de préhension, deux réalités. Explorons un peu chaque rive du pont.
De l’effleurement, un touché délicat comme un murmure, à une forte pression écrasante, notre perception du monde extérieur est multiple.
Nous agissons de manière différente selon la situation donnée. La peau et l’ensemble de ses capteurs sont autant d’indices pour observer et agir en conscience.
Virabhadrâsana (La posture du guerrier) est un bon exemple. Nous pouvons choisir d’ignorer nos pieds et ne pas agir dedans, alors la surface de contact avec le sol est faible, la sensation est pauvre. La peau ne s’étire pas dans la jambe.
Nous pouvons aussi nous focaliser sur les bras et exercer une grosse pression dans les épaules. Nous ressentons alors un poids énorme.
Deux endroits distincts du corps ,une posture, des sensations opposées.
Est ce juste?
Comment s’élever vers le ciel si la peau ne s’étire pas du bout de l’orteil au bout des doigts? Comment être juste si notre peau ne ressent rien qu’un blocage?
Il faut mettre des yeux partout. Si chaque pore de notre peau est un œil qui transmet les informations de pression, de contacts, avec la même intensité, alors nous pouvons agir en conséquence et agir dans chaque zone.
Plus nous mettons des yeux dans notre peau plus nous pouvons ressentir le monde.
La peau est aussi le résultat de notre univers intérieur. Elle est la somme de notre passé et de notre présent. Elle est le reflet de ce qui se passe dedans.
L’idéal serait une peau qui glisse sur notre intérieur et sur le monde extérieur.
Mais la réalité est souvent bien différente.
 Ainsi, suivant l’histoire de chacun elle peut venir coller sur la chair, les tissus, les muscles. Pour certains mouvements la peau semble trop courte pour d’autre suffisamment large, parfois même il y aurait du trop.
C’est parce que notre peau ne glisse pas de façon uniforme, par endroit elle colle. Ce qui donne un manque d’un côté et un trop plein de l’autre.
Notamment l’ouverture du cœur. La peau semble bien courte pour ouvrir le cœur.
La solution serait de la décoller. Pour cela plusieurs possibilités.
Le massage en est une, le yoga une autre.
 Mettre de l’air dans chaque mouvement, petit à petit la peau se détache et retrouve de la flexibilité , une autonomie. Ainsi les yeux de la peau sont plus libres, plus nombreux pour appréhender le monde.
La peau notre pont entre l’univers intérieur et le monde extérieur….. Si la peau est influencée par le présent du dehors et l’histoire du dedans notre travail est de construire de plus en plus de ponts, de plus en plus large, pour que le présent de l’extérieur soit aussi le présent de l’intérieur.

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